Prix Waxal pour les meilleurs Blogs africains

Cérémonie de remise de prix Waxal Blogs awards à Dakar

Je suis au Sénégal depuis dimanche dernier sur invitation de l’Institut Panos Afrique de l’ouest qui m’a décerné le prix de meilleur Blog de journaliste africain. Ravi de découvrir le Sénégal et surtout de rencontrer d’autres bloggeurs africains qui utilisent Internet pour s’exprimer et partager leur quotidien.

Pour cette première édition, les WAXAL Awards ont cherché à promouvoir le développement de blogs par les personnes travaillant en tant que journalistes et également des organisations africaines qui font usage d’Internet.

4 catégories seront récompensées :

Meilleur blog francophone de journaliste
Décerné à Cédric Kalonji de la république démocratique du Congo qui ne va pas donner trop de détails ici parce que c’est son Blog.

Meilleur blog anglophone de journaliste
Ce prix est décerné à Rosebell Kagumire, jeune journaliste Ougandaise qui s’est lancée il y a un peu plus d’un an. Sur son Blog que je découvre, elle aborde des sujets socio-économiques sur l’Ouganda et l’Afrique. « Parler de politique en Afrique quand on est une femme est souvent regardé d’un mauvais œil. Je ne parle pas de mode ou de recettes de cuisine mais je veux être la voix de ces femmes et enfants de mon pays qui n’ont pas toujours la possibilité de s’exprimer », m’a-t-elle confié.

Meilleur blog de journalisme citoyen produit par une institution/organisation africaine
Ce prix est dédié à Lusaka Times, un blog collectif d’informations et de débats Zambien.

Prix spécial de l’IPAO pour l’Afrique de l’Ouest
Ce prix est décerné au Blog de Yoro, jeune ivoirien déjà primé par la Deutsche Welle pour le concours Best of Blogs de la Deutsche Welle. Sur son Blog, il partage photos et petites histoires se déroulant en Côte d’ivoire son pays. Yoro m’a dédié son prix, le justifiant par le fait qu’il s’est inspiré de mon Blog pour en lancer un.

Les choses avancent tout doucement et je ne peux que me réjouir de voir naitre et grandir pas mal de Blogs sur le continent africain. Nous sommes encore loin d’une vraie démocratisation d’Internet mais on ne peut pas non plus parler d’une stagnation.

Il viendra, j’espère bientôt, le temps où toutes les communautés africaines pourront partager leur quotidien sur la toile et mettre en valeur la richesse culturelle d’un continent dont on ne parle que pour des carences et ses crises.

Première semaine d’Obama: rupture radicale, décisions symboliques

2009_01_23_obama_afrique_dessin_1

Investiture de barack Obama (Illustration de Luba - http://congoblog.net)

En une semaine, à coup d’annonces et de mesures, le nouveau locataire de la maison blanche a commencé à défaire les huit années de présidence de George W. Bush. Au lendemain de sont investiture, Barack Obama a annoncé la fermeture de Guantanamo et banni le recours aux méthodes controversées d’interrogatoire de la CIA. Devant ses conseillers économiques, il s’est engagé à des décisions radicales pour lutter contre la récession. Aux hauts responsables militaires, il a réclamé d’organiser un départ raisonnable d’Irak. Selon le Washington Post, « aucun président avant lui n’a adopté autant de mesures de politique générale au cours de sa première semaine à la présidence ».

Au delà de ce changement de ton et de style, on peut s’interroger sur l’étendue de cette rupture avec l’administration précédente. Le lendemain de l’annonce de la fermeture de Guantanamo, un missile américain était tiré sur une cible au Pakistan, causant la mort de 18 personnes. « La terminologie de la guerre contre le terrorisme  peut disparaître, mais la guerre contre Al-Qaïda ne disparaîtra pas », explique alors Bruce Riedel, ancien agent de la CIA et conseiller de Barack Obama pendant la transition et la campagne présidentielle. « C’est une erreur de conclure que l’administration Obama ne va pas s’en prendre à Al-Qaïda avec des intentions au moins aussi sérieuses que celles de George W. Bush », poursuit-il.

Le plan de relance

Lors de sa première allocution hebdomadaire à la radio, Barack Obama a évoqué son vaste plan de relance économique de 825 milliards de dollars, qu’il voudrait faire adopter le plus rapidement possible. Chaque jour de cette première semaine à la tête des Etats-Unis, le nouveau président a consacré une partie de son temps à mettre en œuvre ce plan, et à convaincre les indécis. « Si nous agissons en tant que citoyens, et non en tant que partisans, et tentons de rebâtir l’Amérique, alors j’ai confiance que nous sortirons de cette période éprouvante plus forts et plus prospères que nous ne l’étions avant », a-t-il assuré.

Proche Orient et Afghanistan


Deux nouveaux venus ont rejoint l’administration de Barack Obama, deux négociateurs chevronnés qui joueront les émissaires dans deux zones jugées prioritaires par le nouveau président : George Mitchell au Proche-Orient, et Richard Holbrooke en Afghanistan. Trois jours plus tard, l’administration Obama annonçait le départ imminent de l’envoyé spécial pour la paix, George Mitchell, pour une tournée au Proche-Orient – en Israël, dans les Territoires palestiniens, en Egypte, en Jordanie et en Arabie Saoudite.

Dans une interview donnée à la chaîne de télévision Al Arabiya, Barack Obama a dit qu’il dépêchait son émissaire sur place avec pour consigne de « commencer par écouter, parce que trop souvent, les Etats-Unis commencent par dicter les choses ». Le président américain a également déclaré que selon lui, le temps était venu pour les Israéliens et les Palestiniens de revenir à la table des négociations. Il a promis de tendre la « main de l’amitié » au monde musulman.

Environnement

Là où son prédécesseur avait rejeté les accords de Kyoto, le nouveau président américain assure que « les Etats-Unis sont prêts à reprendre les commandes » sur ce dossier. Il a nommé Todd Stern « négociateur en chef » de son administration sur le réchauffement climatique. Todd Stern avait négocié le protocole de Kyoto au nom du président Bill Clinton. Barack Obama a également demandé à l’Agence de protection de l’environnement de permettre à la Californie d’adopter ses propres règles en matière de limitation des rejets de gaz à effets de serre. Depuis plusieurs années, Arnold Schwarzenegger,  gouverneur de Californie veut imposer dans son Etat des règles plus sévères que celles en vigueur au niveau national. Chose que George W. Bush a toujours refusé.

Congo Blog « Ba Leki » : Les articles en ligne

Congo Blog Ba leki

Après concours, recrutement et formation, les articles proposés par les correspondants « Be Leki » sont désormais disponibles sur congoblog.net. À Kinshasa, du 22 au 26 décembre 2008, les candidats sélectionnés ont bénéficié d’une formation sur les techniques de publication sur le Web. Il y a en a 8 au total. 2 de Goma, 1 de Bukavu, 3 de Kinshasa, 1 de Kisangani et 1 de Lubumbashi.

Pour lire leurs articles : http://www.congoblog.net

Vos commentaires, remarques et suggestions sont les bienvenus dans cet espace d’échanges et d’expression.

Vous pouvez vous inscrire comme membre pour participer aux débats ou vous abonner au flux RSS pour rester informé sur les mises à jour.

Ba Leki : Lancement du site

Une nouvelle dimension de l’aventure débutée en 2005. Congo Blog se transforme en une plate-forme réunissant 8 jeunes provenant de différents coins de la république démocratique du Congo.

Après un long processus de sélection des correspondants, l’étape suivante sera leur formation à Kinshasa. Ces jeunes qui vont travailler activement et qui vont partager leur quotidien apprendront des rudiments de la photo et de la publication sur Internet.

Autre nouveauté : des dessins d’actualité proposés par l’association des caricaturistes congolais. Et bien sûr, une place de choix est réservée aux contributions des visiteurs. Congoblog« Ba leki » se veut une plate-forme de libre expression et de débats autour de la vie congolaise.

Pour retrouver déjà les articles proposés pour le concours, vous pouvez vous rendre directement à l’adresse ci-après : http://www.congoblog.net

Mon Blog personnel déménage et sera désormais accessible à l’adresse suivante : http://www.cedrickalonji.net

Encore un journaliste assassiné

Didace Namujimbo

Après l’assassinat de Serge Maheshe dans la nuit du 13 au 14 juin 2007, c’est au tour de Didace Namujimbo, abattu lâchement hier dans la nuit dans les rues de Bukavu. Son corps a été retrouvé sans vie ce matin près de chez lui au quartier Ndendere dans la commune d’Ibanda.

En apprenant la nouvelle de l’assassinat de ce confrère avec qui je travaillais encore il y a quelques mois, je suis partagé entre douleur, tristesse et colère. Je me demande comment la démocratie s’installera durablement dans un pays où on est visiblement allergique aux journalistes indépendants et professionnels. Devons-nous laisser le Congo entre les seules mains des hommes forts, ceux qui sont armés ?

Après l’assassinat de Serge Maheshe, nous avons eu droit à un procès ressemblant plus qu’à autre chose, à une pièce de théâtre montée par des amateurs. Que se passera-t-il cette fois-ci ?

Qui se cache vraiment derrière ces assassinats de journalistes ? Quel message les assassins des journalistes veulent faire passer ? Qui sera le prochain après Didace ?

Didace Namujimbo laisse derrière lui une veuve et deux orphelins. Il est le deuxième journaliste de Radio Okapi à être tué à Bukavu. Il s’ajoute à la longue liste de journalistes assassinés en république démocratique du Congo.

Repose en paix Didace.

Sélection des correspondants terminée

Après lecture de tous les articles soumis pour le concours de recrutement des bloggeurs correspondants de congoblog.net, une liste des futurs correspondants se dégage enfin. Ils ne seront plus 6 mais plutôt 8, provenant de différents coins de la République démocratique du Congo. 2 personnes de plus donc qui nous inviteront et nous feront découvrir leur univers. Ils partageront leur quotidien et celui de leur communauté.

Les critères de sélection ont été les suivants :

  • Bonne qualité rédactionnelle
  • Pertinence des thèmes abordés
  • Originalité des histoires racontées
  • Qualité des photos soumises

Merci encore une fois à tous ceux qui ont participé au concours. Bon nombre de candidatures étant d’une très bonne qualité, faire le tri et ne sélectionner que moins de 10% des candidats n’était pas tâche facile. Cette expérience m’aura permis de me rendre compte que malgré toutes les difficultés et tout ce qui peut se dire, il y a en RDC des jeunes doués et motivés sur qui ce grand et beau pays peut compter dans l’avenir.

Répartition des correspondants par région :

  • 3 de Kinshasa la capitale
  • 2 de Goma dans la province du Nord-Kivu
  • 1 de Kisangani dans la province orientale
  • 1 de Bukavu dans la province du Sud-Kivu
  • 1 de Lubumbashi dans la province du Katanga

Les articles que les candidats retenus ont soumis pour le concours seront publiés dans les prochains jours.

Prochaines étapes :

  • Formation à Kinshasa des correspondants retenus
  • Lancement officiel du projet et publication des premiers articles

Recrutement des correspondants : le point

Un peu plus de 100 dossiers de candidature, des articles et des photos de qualité et de fond sur des faits se déroulant à différents coins de la république démocratique du Congo. Lire tous ces articles et voir ces photos est à la fois intéressant et édifiant. Tous ces moments partagés à travers ces récits permettent de se faire une idée presque complète de ce qu’est la vie dans ce grand pays.

Trier, ressortir de cette longue liste de participants les six candidats qui vont s’occuper d’alimenter congoblog.net ne sera pas tâche facile.

Un grand merci à tous ceux qui ont concouru et qui se sont donné la peine de partager ces moments uniques. Une liste des candidats retenus sera bientôt disponible.

Prochaines étapes :

  • Sélection des meilleurs articles et photos
  • Proclamation des bloggeurs « ba Leki » retenus
  • Formation des bloggeurs à Kinshasa
  • Lancement officiel du projet et publication des premiers articles

Recrutement de six Bloggeurs correspondants pour congoblog.net

BA LEKI, un projet de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille soutenu par DFID/CFI.

Appel à candidatures pour le recrutement de six correspondants (Bloggeurs) pour le site congoblog.net. Les correspondants, habitants à l’Ouest et à l’Est de la RDC, auront pour rôle de soumettre régulièrement des articles et des photos sur leur quotidien et celui de leur communauté entre janvier 2009 et octobre 2010. Ce concours est ouvert à des jeunes congolais motivés, résidant en République Démocratique du Congo et âgés entre 18 et 30 ans.

Après le concours les 6 bloggeurs sélectionnés bénéficieront :

1. D’une formation :
Les candidats sélectionnés recevront une formation sur les techniques de prise d’images et de publication sur Internet en décembre 2008 à Kinshasa. Ils bénéficieront d’un encadrement éditorial par l’école supérieure de journalisme de Lille (http://www.esj-lille.fr) pendant toute la durée du projet.

2. D’un soutien matériel :
Les six correspondants sélectionnés recevront :

  • Un appareil photos numérique au départ du projet (décembre 2008)
  • Un ordinateur portable au bout d’un an

3. D’un défraiement :
Le projet est basé sur le volontariat. Ainsi, les correspondants sélectionnés ne recevront pas de salaire. Néanmoins un défraiement forfaitaire de 30 Euros par semaine sera versé pour couvrir l’ensemble des frais (transport, connexion, etc.). Ce montant de 30 Euros sera versé pour chaque article validé et publié avec photo sur le site.

Le dossier de candidature doit comprendre :

  • Le formulaire d’inscription rempli (Télécharger ici)
  • Un article de 2 500 signes maximum accompagné d’une photo racontant une histoire illustrant la vie quotidienne de votre village ou votre quartier.
  • Un curriculum vitae
  • Une copie de pièce d’identité (Passeport, carte d’électeur, carte d’étudiant,…)

Les candidatures doivent être envoyées avant le 25 Octobre 2008 par E-mail à : concours@congoblog.net

Les articles doivent être originaux et le participant doit certifier en être l’auteur.
Les candidatures féminines sont vivement encouragées.
Les dossiers incomplets ne seront pas traités.

Des milliards pour payer la dette coloniale

Cinq milliards de dollars américains, c’est la somme totale que l’Italie devrait verser à la Libye au titre de « réparations de colonialisme ». L’annonce a été faite par Silvio Berlusconi, chef du gouvernement italien.

Deux cents millions de dollars par an durant les 25 prochaines années sous forme d’investissements dans des projets d’infrastructure en Libye : Construction d’une autoroute traversant la Libye d’ouest en est, construction de logements, bourses pour des étudiants libyens en Italie, pensions pour des mutilés victimes de mines anti-personnel posées par l’Italie pendant la période coloniale et bien sûr installation d’entreprises italiennes en Libye.

Si pour le ministre libyen des affaires étrangères Abdelrahman Chalgham cette restitution rétablit l’identité et une partie de l’histoire de son pays, aucune indication cependant quant aux éléments pris en compte pour calculer la hauteur des préjudices subis durant la colonisation.

Faut-il voir dans cette action une vraie démarche de réparation ou est-ce juste un bakchich versé aux autorités libyennes dans le but d’ouvrir le marché de ce pays aux entreprises italiennes ?

La Libye devient le premier pays africain à recevoir des compensations financières pour des faits liés à la colonisation. Faut-il espérer que cet élan de « réparations » s’étende sur la Somalie, l’Erythrée et l’Ethiopie, autres colonies italiennes d’Afrique ?

Cette affaire me pousse à me poser plein de questions et je ne peux m’empêcher de voir les choses d’un angle congolais.

1886 : Léopold II de Belgique devient roi de l’Etat Indépendant du Congo (EIC)
1908 : Léopold II cède l’EIC à la Belgique, naissance du Congo belge
1959 : Emeutes à Léopoldville (actuelle Kinshasa) pour l’indépendance
30 juin 1960 : le Congo est « indépendant »

Un total de 74 ans de coups de fouet, de pillage des ressources naturelles et de remise en question des traditions ancestrales locales, imposant la culture et les religions occidentales jugées supérieures.

S’il faut réfléchir en termes de milliards, à combien s’élèverait le montant de la dette coloniale Belge ?

Mieux vaut prévenir que guérir

Mot d'ordre : fuir l'enfer et gagner le paradis

Très jeunes déjà, ils caressent le rêve de partir, de rejoindre l’Europe et rien ne peut les arrêter. Ils sont déterminés, convaincus que le départ est l’unique chance de vivre mieux, mais ignorent tout de ce qui les attend. Souvent, arrivés sur place, le mythe de l’eldorado s’effondre et fait place à la déception et au découragement. Une dizaine de dessinateurs Congolais se sont réunis en 2007 autour d’un projet, celui de réaliser une bande dessinée collective abordant les enjeux de l’immigration et de l’émigration.

10 auteurs, 72 pages illustrant des réalités de ceux qui ont tenté l’aventure (qu’elle soit réussie ou non), de ceux qui sont rentrés de gré ou de force et qui témoignent de leur vécu. Des histoires courtes, stimulant la réflexion sur les risques encourus par les migrants légaux ou non lors de l’exil. 125 000 exemplaires de la BD « Là-bas na poto » ont été distribués à des élèves du dernier cycle du secondaire mais aussi à des étudiants en formation pédagogique. Cette initiative dans le sens de combattre le mal par la racine a connu le soutien de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo, et celle de Belgique communauté francophone, le financement étant assuré par la Commission Européenne.

Une image tronquée

« Quand je serai grand, j’irai en Europe, je travaillerai et je gagnerai de l’argent pour aider ma famille », telle est la réponse de Patrick, 12 ans, vendeur ambulant dans les rues de Kinshasa, quand on lui pose des questions sur ses projets pour l’avenir. Ce jeune habite Kingasani, un quartier populaire pauvre de la capitale congolaise. Patrick est loin d’être le seul Congolais à caresser le rêve du départ. Besoin de voyager, espoir de vivre plus décemment et plus dignement ou tout simplement rêve de poser devant la tour Eiffel, pour bon nombre de jeunes Congolais et Africains, partir, gagner l’Europe est un idéal.

Cette vision paradisiaque du vieux continent est en partie entretenue par les médias et la culture populaire qui véhiculent l’image d’une Europe florissante, omettant d’informer sur les difficultés économiques, sociales et politiques auxquelles le migrant doit faire face. D’autre part, il y a ceux qui, au retour dans leurs pays d’origine pour des vacances, s’érigent en modèles de réussite. Voitures, vêtements de marque, lunettes de soleil, Ipod, téléphone portable dernier cri,… Tout pour pousser ceux qui sont restés à se poser des questions : « Ils sont partis, ils ont réussi, pourquoi ne pas faire comme eux ? » Seulement, ces candidats au départ ignorent totalement ce qui les attend et ne le découvrent qu’après avoir franchi le pas. Déracinement, perte de repères, difficultés d’intégration, précarité.

Franklin, 36 ans, de retour au Congo, expulsé après neuf années passées en Belgique dans la clandestinité dit avoir vécu un véritable calvaire. Sa famille s’était cotisée pour financer son voyage. Il avait alors payé l’équivalent de 4 000 € au patron d’un orchestre qui l’aiderait à entrer clandestinement en Europe en le faisant passer pour un des musiciens du groupe qui devait se produire à Bruxelles. « Je devais en retour sauver l’honneur de la famille en gagnant et en envoyant de temps en temps de l’argent. Après l’expiration de mon visa, j’entrai dans la clandestinité et je me suis rendu compte qu’il était très difficile, voire impossible de trouver du travail, n’ayant pas de papiers… Demande d’asile rejetée, travail au noir, devoir vivre caché de peur de croiser des agents de police, c’était très dur… » Ignorant tout de ses déboires, les créanciers de Franklin font pression. L’échec étant tabou, il n’a pas le courage de leur avouer qu’il n’avait pas la vie facile. « Si j’avais su que les choses se passeraient de cette manière, je n’aurais jamais tenté l’aventure », avoue-t-il.

Mieux vaut prévenir que guérir

Pendant que les autorités européennes s’attellent au durcissement de la législation en rapport avec l’immigration, en cette période où la sécurisation des frontières de l’Union est au centre de débats, passeurs et trafiquants de tous bords redoublent d’ingéniosité et frôlent l’extrême pour faire tourner leur business. Des clients, ils ne risquent pas d’en manquer. Autant que les mesures répressives, une sensibilisation à la base s’impose donc pour combattre ce trafic et barrer le chemin à ces marchands d’illusions. Bien plus qu’une simple bande dessinée, « Là-bas na poto », au croisement entre les traditions plastique, orale et écrite constitue tout un support pédagogique, un moyen porteur pour exprimer les ressentis et les non-dits autour de ce phénomène d’actualité.